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Saturation des marchés maraîchers au Sénégal : quand produire plus ne suffit plus
Cultures La redaction 24 février 2026 4 min 0 com.

Saturation des marchés maraîchers au Sénégal : quand produire plus ne suffit plus

Saturation Des Marchés Maraîchers Au Sénégal : Quand Produire Plus Ne Suffit Plus

Ces derniers jours, une alerte venue de Diogo (commune de Darou Khoudoss, zone des Niayes) a remis sur la table un problème que beaucoup connaissent déjà : la surproduction saisonnière, qui arrive d’un coup, fait chuter les prix, et laisse des producteurs vendre à perte pour éviter que les récoltes ne pourrissent.

Selon le même récit, des maraîchers expliquent que l’absence de circuits structurés d’écoulement et de stockage aggrave la crise, avec des prix qui ne couvrent plus les coûts (semences, intrants, irrigation, main-d’œuvre, transport).

La question devient donc : comment éviter que le travail d’une saison se transforme en pertes, alors même que la demande alimentaire existe ?

1) Conditionnement + stockage : la base (mais pas suffisant)

Quand tout le monde récolte au même moment, le marché “sature”. Sans conditionnement et sans stockage, les producteurs sont obligés de brader. Dans l’article, les horticulteurs appellent d’ailleurs à une intervention pour organiser conditionnement/stockage et écoulement vers des zones déficitaires.

Solution logique :

  • centres de collecte,

  • tri/calibrage,

  • emballages adaptés,

  • chaîne du froid (même minimale),

  • planification des volumes.

2) Organiser la vente : contrats, débouchés, régulation

Deux exploitations peuvent produire la même tomate, mais ne pas la vendre au même prix. La différence se fait souvent sur :

  • la régularité,

  • le calibre,

  • la traçabilité,

  • le respect d’un cahier des charges (supermarchés, hôtels, restaurants),

  • la capacité à livrer proprement.

Autrement dit : la vente se professionnalise. Et ceux qui anticipent gagnent en stabilité.

3) Qualité + traçabilité : la porte d’entrée des “bons circuits”

Les acheteurs professionnels veulent réduire leurs risques. Ils cherchent des producteurs capables de prouver :

  • ce qui a été appliqué et quand,

  • comment la parcelle est suivie,

  • quelles règles sociales et sanitaires sont respectées,

  • comment les produits sont manipulés.

C’est là que les standards deviennent une arme économique, pas un “détail administratif”.

4) GLOBALG.A.P : pourquoi cette certification revient partout

GLOBALG.A.P est un cadre de bonnes pratiques largement utilisé dans les filières agricoles (notamment fruits et légumes), avec une logique de conformité auditable et de certification tierce. L’organisation met en avant des axes comme la sécurité alimentaire, l’environnement, la santé/sécurité/bien-être des travailleurs, la transparence et la montée en compétences.

Des organismes de certification décrivent aussi GLOBALG.A.P comme un standard “pré-farm gate”, souvent attendu par de grandes chaînes et des acheteurs B2B, et articulé avec d’autres standards de chaîne d’approvisionnement.

Traduction simple : mieux on est structuré, plus on a accès à des marchés stables.

5) Exemple local : une ferme qui mise sur la structuration (Thiès)

Dans la même commune (Darou Khoudoss), certaines démarches vont précisément dans le sens opposé à la vente “au jour le jour”. À Darou Salam Thioune, Legacy Farms présente un modèle basé sur :

  • une ferme sur dix hectares,

  • 4 serres de 1250 m²,

  • gestion de l’eau (goutte-à-goutte),

  • combinaison serre + plein champ,

  • intégration du solaire,

  • et une volonté affichée d’aller vers la certification GlobalG.A.P.

👉 Si vous voulez illustrer votre article avec un cas sénégalais concret (et envoyer un lien utile aux lecteurs), vous pouvez pointer vers la ferme Legacy Farms à Thiès : https://legacyfarms.net/

6) Le point souvent oublié : l’impact social (femmes & jeunes)

Quand la filière est instable, ce sont les ménages qui encaissent. Inversement, quand les circuits se structurent, cela crée :

  • plus d’emplois,

  • plus de formation,

  • plus de valeur locale.

Certaines analyses et initiatives mettent en avant le rôle central des femmes et des jeunes dans l’avenir agricole, et l’importance de renforcer leur place dans les chaînes de valeur.

Legacy Farms souligne aussi la formation des femmes et des jeunes autour de l’agriculture résiliente et de la gestion sous serre.

Conclusion : l’enjeu n’est plus seulement de produire, mais de vendre intelligemment

La “saturation” n’est pas une fatalité. C’est souvent le symptôme d’un système où :

  • tout sort en même temps,

  • trop peu est stocké,

  • trop peu est transformé/conditionné,

  • et trop peu est vendu via des contrats.

La réponse durable combine organisation, qualité, traçabilité, logistique et accès marché. Et c’est exactement ce que cherchent à construire les exploitations qui investissent dans la serre, l’eau maîtrisée et les standards.

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