Aboli depuis des siècles un peu partout dans le monde, l’esclavage reste encore un sujet d’actualité malgré l’évolution. Les cas de la Lybie ou de plusieurs pays du Golfe arabo-persique(Koweït, Qatar,…) sont les plus connus. Mais un silence pesant règne autour du phénomène qui sévit en Mauritanie. Petit pays africain de 4000000 d’habitants, les statistiques de diverses ONG dénombrent à ce jour 2% de la population aservis par les 98%.
C’est un fait divers qui a encore mis à l’ordre du jour ce fléau absent des gros titres des médias mais omniprésent dans le pays. Une femme esclave âgée de 50 ans aurait été offerte comme présent et une partie de la dot. Un jeune homme voulant demander sa dulcinée en mariage a eu la triste idée d’inclure un humain dans les présents offerts à sa belle famille. Une histoire plutôt glauque en 2021 mais qui est pourtant vraie et qui s’est déroulée il y a presque une(1) semaine.
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SOS Esclaves, l’ONG mauritanienne qui a révélé l’affaire est depuis aux bras de fer avec la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). Cette organisation proche du pouvoir nie l’existence d’une telle transaction après des enquêtes.
La femme dénommée Moima ferait partie de l’ethnie des Haratines. Historiquement, les femmes de cette communauté sont sujettes à ce genre de traitements.
Les Haratines sont en effet une minorité noire en faible rapport avec les Maures blancs qui dominent le pays. Même si l’esclavage a été criminalisé dans le pays depuis 2017, cette domination reste encore présente. Cette nouvelle affaire provoque l’indignation en Mauritanie et on espère bien qu’elle fera bouger les choses.
Contexte historique et social de l’esclavage en Mauritanie
L’esclavage en Mauritanie est profondément enraciné dans l’histoire et la structure sociale du pays. Contrairement à d’autres régions du monde où l’esclavage a été aboli depuis longtemps, en Mauritanie, il persiste sous des formes modernes, souvent difficiles à détecter. Les Haratines, descendants d’esclaves, constituent une partie importante de la population et subissent encore des discriminations systémiques. Cette situation est aggravée par des différences ethniques marquées entre les Maures blancs, qui détiennent traditionnellement le pouvoir politique et économique, et les Haratines, qui sont souvent marginalisés.
Malgré l’abolition officielle de l’esclavage en 1981 et sa criminalisation en 2007, suivies d’une loi plus stricte en 2015, la pratique perdure dans l’ombre, notamment dans les zones rurales et parmi certaines communautés. Le déni officiel et le manque d’application rigoureuse des lois contribuent à maintenir ce fléau. Les victimes, principalement issues des groupes Haratines, sont souvent privées de leurs droits fondamentaux et restent dans des situations de servitude, parfois transmises de génération en génération.
Le rôle des ONG et la pression internationale
Des organisations non gouvernementales telles que SOS Esclaves jouent un rôle crucial dans la lutte contre l’esclavage en Mauritanie. Elles mènent des enquêtes, sensibilisent la population et font pression sur les autorités pour appliquer les lois existantes. Le cas récent de la femme offerte comme dot a permis de remettre en lumière cette problématique longtemps ignorée par les médias internationaux.
Par ailleurs, la communauté internationale, à travers les Nations Unies et d’autres instances, exerce une pression croissante sur le gouvernement mauritanien pour qu’il prenne des mesures concrètes. Le pays est régulièrement pointé du doigt dans les rapports sur les droits humains pour son incapacité à éradiquer totalement l’esclavage. Cette pression a conduit à quelques avancées législatives, mais le chemin reste long pour assurer la protection effective des victimes et la réhabilitation des esclaves affranchis.
FAQ
1. L’esclavage est-il légal en Mauritanie ?
Non, l’esclavage est officiellement illégal en Mauritanie. Il a été aboli en 1981 et criminalisé en 2007, avec un renforcement des lois en 2015. Cependant, malgré cette interdiction, des cas d’esclavage moderne persistent, souvent dans des zones rurales ou isolées.
2. Qui sont les Haratines ?
Les Haratines sont une communauté d’origine africaine en Mauritanie, historiquement réduite en esclavage par les Maures blancs. Ils représentent environ 40% de la population et sont souvent victimes de discriminations sociales et économiques, étant fréquemment associés aux statuts d’esclaves ou d’anciens esclaves.
3. Que fait le gouvernement mauritanien pour lutter contre l’esclavage ?
Le gouvernement a adopté plusieurs lois criminalisant l’esclavage et a mis en place des institutions comme la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). Toutefois, ces mesures sont critiquées pour leur inefficacité et leur manque d’application rigoureuse. Certaines ONG dénoncent un déni officiel et un manque de volonté politique.
4. Comment les ONG aident-elles les victimes d’esclavage ?
Les ONG comme SOS Esclaves fournissent un soutien juridique, social et psychologique aux victimes. Elles mènent aussi des campagnes de sensibilisation pour informer la population et font pression sur les autorités pour une meilleure application des lois. Leur travail est essentiel pour faire avancer la cause des droits humains en Mauritanie.
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