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Cameroun : Quand la justice populaire féminine s’impose contre les violences conjugales à Bonaberi
People 4 février 2026 4 min 0 com.

Cameroun : Quand la justice populaire féminine s’impose contre les violences conjugales à Bonaberi

Cameroun : Quand La Justice Populaire Féminine S&Rsquo;Impose Contre Les Violences Conjugales À Bonaberi

Dans le quartier populaire de Bojongo, situé à Bonaberi, dans la métropole économique de Douala au Cameroun, un épisode de justice populaire a récemment fait le buzz sur les réseaux sociaux et dans les discussions locales. Plusieurs femmes du quartier ont décidé de se lever contre un homme accusé de violences répétées à l’encontre de son épouse. Cet acte, filmé et largement partagé, illustre la complexité et la sensibilité du traitement des violences conjugales dans certains contextes africains.

Un acte de justice populaire qui fait débat

Selon plusieurs témoins, le mari en question était connu dans le quartier pour ses comportements violents envers sa femme. Fatiguées de l’inaction des autorités et des institutions judiciaires souvent lentes ou peu accessibles, les voisines ont pris la décision d’intervenir directement. En plein jour, elles ont affronté l’homme, lui infligeant une correction physique. La scène a été filmée et a déclenché une vague d’émotion, provoquant à la fois soutien et critiques.

Les raisons derrière cette réaction collective

  • L’inefficacité des institutions : Beaucoup dénoncent l’absence de réaction rapide des forces de l’ordre et des services sociaux face aux violences domestiques.
  • La solidarité féminine : Ces femmes ont agi pour protéger l’une des leurs, montrant une résistance communautaire aux abus.
  • La stigmatisation des victimes : Dans certains milieux, les victimes restent silencieuses par peur du jugement ou des représailles.

Les violences conjugales au Cameroun : un fléau toujours d’actualité

Malgré les efforts déployés par le gouvernement camerounais, notamment à travers des campagnes de sensibilisation et la mise en place législative, les violences domestiques continuent de toucher un grand nombre de femmes. Selon les statistiques récentes, une femme sur trois au Cameroun aurait subi des violences physiques ou psychologiques au sein du foyer.

Les obstacles à la lutte contre les violences

  • L’accès limité à la justice : Les démarches judiciaires restent longues, coûteuses et parfois mal adaptées aux victimes.
  • Les normes sociales : Certaines traditions et mentalités perpétuent l’idée que la vie privée doit rester à l’abri du regard extérieur.
  • Le rôle des communautés : Les interventions externes peuvent être perçues comme une ingérence, poussant les victimes à se taire.

Justice populaire : une solution temporaire ou un risque pour l’ordre social ?

Si la réaction des femmes de Bonaberi montre une détermination à ne plus laisser passer les violences, elle soulève aussi des questions importantes :

  • Légalité : La justice populaire est formellement interdite et peut entraîner des abus ou des erreurs.
  • Risque d’escalade : Ces actions peuvent exacerber les tensions et engendrer des cycles de violence.
  • Besoin de réforme : Elles pointent avant tout un besoin urgent d’amélioration des structures officielles pour protéger efficacement les victimes.

Des pistes pour mieux protéger les victimes

Face à ce constat, plusieurs recommandations émergent :

  • Renforcement des dispositifs d’accueil : Plus de centres d’écoute et de prise en charge des victimes à l’échelle locale.
  • Formation des forces de l’ordre : Sensibilisation et formation spécifique pour mieux gérer les cas de violences conjugales.
  • Campagnes de sensibilisation : Mobiliser toutes les couches de la société pour changer les mentalités.
  • Accompagnement juridique : Faciliter l’accès à la justice avec des conseils et un soutien adaptés.

Conclusion : entre urgence sociale et besoin d’encadrement

L’épisode de justice populaire à Bonaberi est un signal fort qui témoigne de la souffrance de nombreuses femmes face à la violence domestique et à l’inefficacité perçue des institutions. Si cette réaction communautaire révèle une solidarité essentielle, elle ne peut être durable ni remplacer l’État de droit. L’enjeu est désormais d’engager des réformes profondes, de renforcer la protection des victimes et de faire évoluer les mentalités pour éradiquer durablement les violences conjugales au Cameroun et dans toute l’Afrique francophone.

Ce moment de tension met aussi en lumière un combat universel : celui du respect des droits humains dans la sphère privée, un combat qui appelle à une mobilisation collective, à la fois locale, nationale et internationale.

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