Cameroun : l’incroyable justice populaire des femmes de Bonaberi contre un mari violent
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Dans le quartier de Bojongo à Bonaberi, une scène peu banale a récemment attiré l’attention des habitants et des réseaux sociaux : un groupe de femmes a infligé une sévère correction à un homme accusé d’avoir battu son épouse à plusieurs reprises. Cet événement illustre avec force la colère croissante contre les violences conjugales au Cameroun et soulève des questions importantes sur la protection des victimes et l’intervention des autorités compétentes.
Quand la justice classique semble faire défaut
Depuis plusieurs années, les violences conjugales demeurent un fléau souvent occulté dans plusieurs pays d’Afrique, dont le Cameroun. Malgré l’existence de lois censées protéger les femmes, telles que la loi n°2016/007 relative à la lutte contre les violences basées sur le genre, la mise en œuvre reste laborieuse. De nombreuses victimes hésitent à porter plainte, souvent par peur, par pression sociale, ou par méfiance envers le système judiciaire.
Dans ce contexte, le cas récent à Bonaberi fait écho à une forme de justice parallèle où la communauté prend les choses en main. Selon des témoins, l’homme ciblé était connu pour son comportement violent, un secret de polichinelle local que les autorités n’auraient pas efficacement traité jusqu’à présent.
Le geste des femmes : une réaction collective et symbolique
Cette mobilisation de femmes pour sanctionner l’agresseur n’est pas seulement un acte de réprobation immédiate, c’est aussi un message puissant envoyé à une société qui tend parfois à minimiser ce type de violences. Par cette action, les femmes de Bojongo insistent sur l’exigence d’une tolérance zéro face aux violences domestiques et rappellent que la solidarité communautaire peut être un levier important.
Les enjeux de la justice populaire au Cameroun
Si la colère populaire est compréhensible, ce type d’intervention pose néanmoins des questions éthiques et juridiques. La justice populaire, qui se manifeste souvent par des sanctions infligées sans procédure ni recours, peut compromettre les droits de la personne accusée et conduire à des dérives. L’État camerounais est donc confronté à un double défi :
- Renforcer les mécanismes judiciaires pour que les victimes aient confiance en la loi et puissent obtenir réparation rapidement.
- Sensibiliser les communautés aux dangers de la justice populaire et encourager le recours aux autorités compétentes.
Vers une prise de conscience collective ?
Au-delà de l’incident de Bonaberi, plusieurs ONG et acteurs de la société civile au Cameroun intensifient leurs efforts pour lutter contre les violences faites aux femmes. Campagnes de sensibilisation, centres d’accueil, accompagnement juridique, tout est mis en œuvre pour pousser les victimes à sortir de l’ombre.
Ce cas renforce également la nécessité d’un engagement politique ferme et de ressources dédiées pour assurer la sécurité et la dignité des femmes dans tout le pays.
Conclusion : un signal d’alerte qui doit déboucher sur l’action
L’affaire du mari violent à Bonaberi est bien plus qu’un simple fait divers. Elle met en lumière les limites du système actuel de protection et la colère légitime des communautés face à l’impunité. La justice populaire exprimée par les femmes du quartier est un cri de détresse qui invite les autorités à agir avec vigueur et rapidité.
Dans le Cameroun de 2026, le combat contre les violences conjugales doit devenir une priorité nationale, conjuguant lois efficaces, soutien aux victimes et mobilisation sociale. Car derrière chaque histoire dramatique, c’est tout un pays qui appelle à plus de justice et de respect pour les droits humains fondamentaux.
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