Cameroun : quand la justice populaire fait trembler un mari violent à Douala
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Le quartier de Bojongo à Bonaberi, dans la métropole économique de Douala au Cameroun, a récemment été le théâtre d’un événement aussi choquant que révélateur des tensions sociales autour des violences conjugales. Un mari, accusé depuis longtemps de maltraiter sa femme, a été publiquement pris à partie et corrigé par un groupe de femmes de sa communauté. Cette manifestation de justice populaire fait écho à un désespoir grandissant face à l’inefficacité perçue des recours officiels et soulève plusieurs questions sur la protection des victimes et l’ordre public.
Violences conjugales au Cameroun : un fléau persistant
La violence contre les femmes demeure un sujet préoccupant en Afrique, et le Cameroun n’échappe pas à cette triste réalité. Selon des études récentes, près d’une femme sur trois serait victime de violences physiques ou psychologiques de la part de leur partenaire. Malgré les lois en vigueur, telles que la loi-cadre sur la protection de la femme, la mise en œuvre reste souvent insuffisante.
Le cas de Bojongo : un signal fort de la communauté
Dans ce contexte, la situation dans le quartier populaire Bojongo a fait grand bruit. L’homme mis en cause, connu pour ses comportements violents récurrents, a subi les conséquences d’une réaction collective. Plusieurs femmes du voisinage, fatiguées d’assister à ces abus sans intervention judiciaire efficace, ont décidé d’agir en infligeant une correction physique à l’agresseur.
Cette action est devenue virale sur les réseaux sociaux, divisant l’opinion entre soutien à la défense des victimes et inquiétude face à ces méthodes d’exécution privée de la justice.
Justice populaire : entre compréhension et controverse
Les actes de justice populaire, s’ils répondent parfois à un sentiment d’impuissance, posent un défi majeur aux institutions camerounaises. D’un côté, elles reflètent une volonté communautaire de protéger les victimes et de rejeter l’impunité. De l’autre, elles soulèvent des questions de légalité, de risques d’embrasement social et de respect des droits individuels.
Pourquoi la justice officielle peine à agir ?
- Délais de traitement : Les plaintes pour violences conjugales peuvent traîner en longueur, décourageant certaines victimes.
- Stigmatisation sociale : La peur du jugement familial ou communautaire empêche souvent les femmes de se manifester.
- Insuffisance des structures d’accueil : Les centres d’aide aux victimes manquent de moyens et de personnel qualifié.
Les solutions à envisager pour un changement durable
Pour enrayer ce cycle, plusieurs pistes doivent être renforcées :
- Renforcer la sensibilisation : Il faut éduquer davantage sur les droits des femmes et les dangers de la violence domestique.
- Améliorer l’accès à la justice : Faciliter les procédures de plainte et garantir la protection des victimes.
- Mobiliser la communauté : Encourager le rôle des leaders religieux et traditionnels pour condamner ces violences.
- Mettre en place des dispositifs d’aide : Multiplication des centres d’accueil et accompagnement psychologique.
Conclusion : un cri d’alerte pour les autorités et la société camerounaise
L’incident survenu à Bojongo illustre l’urgence d’une prise de conscience collective. Si la justice populaire témoigne d’une forme d’auto-défense communautaire, elle ne saurait remplacer un système judiciaire fort, accessible et impartial. Protéger les femmes contre les violences conjugales doit devenir une priorité nationale au Cameroun, afin d’éviter que la frustration ne dégénère en actions incontrôlables et que la sécurité des citoyens ne soit menacée. Pour cela, tous les acteurs – gouvernement, société civile et citoyens – doivent se mobiliser sans tarder.
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